Les condamnés du fort Vauban

Une installation réalisée en Février 2005 à la fac Vauban, à Nîmes.

Je voulais rendre hommage aux Manouchian, un groupe de résistants, tous d’origines étrangère (Juif-Polonais, Hongrois, Arméniens, etc. ). Ils vivaient depuis quelques années en France et lorsque la guerre éclata, ils choisirent alors de s’engager dans la résistance. Assassinats et attentats se succédèrent jusqu’à leur arrestation et leur condamnation à mort. L’histoire nous apprendra plus tard qu’ils avaient été trahis par les pontes du parti communiste qui ne voulaient pas de héros de la résistance avec des patronymes étrangers !

Ce n’est pas évident de rendre hommage à des hommes qui ont tué, au risque de tomber dans une fascination pour les groupuscules terroristes ( d’Action Directe à la Palestine, par exemple ). Cette admiration, où plutôt devrais-je dire cette confusion se retrouve, chez de nombreux anciens militants libertaires ou d’extrême gauche, aujourd’hui plongés dans un état de délabrement idéologique qui les déconnecte totalement de la réalité.

Les Manouchian étaient des terroristes,certes , ils ont utilisés des armes contre l’oppresseur, mais toute cette violence est forcément dérangeante. Je ne voulais pas faire de leur mort un symbole, mort pour la France tagadatsoin ! Leur combat a été vain, ils ont été trahis, n’ont jamais eu aucune reconnaissance officielle ( mais n’est ce pas de préférence aux historiens et aux artistes d’interpréter l’histoire ?), contrairement à quelques vieillards qui purent longuement mûrir leurs mémoires . L’histoire des Manouchian laisse donc un goût amer, désarroi mêlé de tristesse. Que reste t’il de leurs combats, de leur valeurs ? Les hommes meurent, le souvenir s’efface, seul les lieux restent et portent les traces.

Le fort Vauban est une ancienne prison où de nombreux résistants furent exécutés contre un mur qui porte encore les impacts de balles. J’avais installé le long de ce mur un tracé fait de charbon, à l’intérieur duquel se trouvait du sang, de la cendre, et un fac-similé des papiers d’identité des Manouchian.
